Jean Béliveau

Biographie de Jean Arthur Béliveau

Jean Béliveau voit le jour à Trois-Rivières le 31 août 1931. Il est le premier de la famille de huit enfants d'Arthur et Laurette Béliveau. Toute sa vie, le Grand Jean se rappellera des enseignements de son père, un homme avec une force de caractère peu commune.

Déménagé à Victoriaville, au cœur de la région des Bois-Francs, Béliveau s'initie aux rudiments du hockey, comme des milliers de Québécois à cette époque, sur une patinoire extérieure avec les jeunes du voisinage. Tous rêvent de jouer comme Maurice Richard et de porter l'uniforme du Canadien. Sauf que ses habiletés naturelles ressortent immédiatement et son physique imposant lui donne une longueur d'avance sur ses compagnons.

Le jeune Béliveau amorce sa carrière junior avec les Tigres de Victoriaville de la Ligue junior A du Québec. Sur décision de son père, il joint par la suite les Citadelles de Québec, où il devient une très grande vedette.

À la fin de son stage junior, le « Gros Bill » doit faire un choix pour la suite de sa carrière : Montréal ou Québec? Le Canadien ou les As? Le Grand Jean a un préjugé favorable pour Québec. Béliveau choisit donc la Ligue senior et les As, avec qui il connaîtra deux saisons phénoménales. Il est le roi de Québec.

Le 27 juin 1953, Jean Béliveau épouse Élise Couture. Le couple aura une fille, Hélène. Durant la lune de miel, le nouveau marié confie à Élise qu'il est temps maintenant de prendre le chemin de Montréal.

Le 3 octobre, à 22 ans, Béliveau appose sa signature au bas d'un contrat de cinq ans avec le Canadien de Montréal, un contrat d’une valeur évaluée à 105 000$. Du jamais vu au hockey!

Le « Gros Bill » va goûter aux joies de la victoire ultime à sa troisième saison. Il est l'un des importants rouages de cette fabuleuse équipe qui remportera cinq coupes Stanley consécutives et participera à sept finales de suite.

En 1956, Béliveau obtient le statut de joueur vedette. Champion pointeur du circuit avec 88 points, dont 47 buts, il ajoute à son trophée Art-Ross le trophée Hart remis au joueur par excellence de la Ligue nationale. Il devient une icône partout au Canada-Français.

Le début des années 1960, après le départ de Maurice Richard, est difficile pour Béliveau. Mais la deuxième portion de la décennie est tout à fait formidable. L'équipe réussit quatre conquêtes de la coupe Stanley en cinq ans.

Le 11 février 1971, contre les North Stars du Minnesota, il complète un tour du chapeau qui lui permet d'atteindre le plateau des 500 buts. Seul Maurice Richard avait déjà réussi l'exploit. Et il couronne sa carrière avec une dixième coupe Stanley.

Béliveau se retire après avoir compté 507 buts en 1125 matchs en saison régulière et amassé 1219 points, le deuxième plus fort total de l'histoire du Canadien. Il a récolté un trophée Art-Ross, deux trophées Hart et un Conn-Smythe.

Membre du Temple de la Renommée du hockey, son numéro 4 est retiré au début de la saison 1971.

À sa retraite, Béliveau se transporte au deuxième étage du Forum. Il occupe le poste de vice-président des Affaires sociales et sa principale responsabilité est de maintenir le lien entre le Canadien et les amateurs. Il s'y consacrera pendant 22 ans, soit jusqu'au 31 août 1993.

L'année suivante, le premier ministre Jean Chrétien offre à Jean Béliveau le poste de gouverneur général du Canada, une offre qu’il refuse pour des raisons personnelles.

Au tournant du millénaire, après avoir remporté une lutte contre le cancer, Jean Béliveau est honoré de plusieurs façons. Doctorats honorifiques, Ordre du Canada et Ordre national du Québec, timbre et pièce de monnaie à son effigie. Sans compter deux statues de bronze, devant l'aréna qui porte son nom à Longueuil et sur la Place du Centenaire aux abords de l'actuelle demeure du Canadien.

Au cours des dernières années, à travers les épreuves liées à son état de santé, Jean Béliveau aura su de son vivant à quel point il a été apprécié et admiré par tous ses concitoyens, d'un océan à l'autre.

Le 2 décembre 2014, le Grand Jean nous a quitté, laissant au passage son épouse Élise, sa fille Hélène, et ses petites filles Mylène et Magalie dans le deuil. Il a été l'un des grands leaders de l'histoire du Canadien et demeurera, au-delà du temps, un symbole d'honneur, de fidélité, de dévouement et de grande classe pour tous les Québécois, pour tous les Canadiens.

Une carrière remarquable, une vie exemplaire

1950-1951

Première équipe d'étoiles de la LHMQ

1951-1952

Trophée Alexander en tant que champion des équipes semi-professionnelles

1952-1953

Coupe du Président en tant que champion des séries de la LHSQ. Première équipe d'étoiles de la LHMQ

1954-1955

Première équipe d'étoiles de la LNH

1955-1956

Première Coupe Stanley. Trophées Art Ross et Hart. Première équipe d'étoiles de la LNH

1956-1957

Coupe Stanley (2). Première équipe d'étoiles de la LNH

1957-1958

Coupe Stanley (3). Deuxième équipe d'étoiles de la LNH

1958-1959

Coupe Stanley (4). Première équipe d'étoiles de la LNH

1959-1960

Coupe Stanley (5). Première équipe d'étoiles de la LNH

1960-1961

Nommé capitaine des Canadiens. Première équipe d'étoiles de la LNH

1963-1964

Trophée Hart. Deuxième équipe d'étoiles de la LNH

1964-1965

Coupe Stanley (6). Trophée Conn Smythe.

1965-1966

Coupe Stanley (7). Deuxième équipe d'étoiles de la LNH

1967-1968

Coupe Stanley (8)

1968-1969

Coupe Stanley (9). Deuxième équipe d'étoiles de la LNH

1969

Officier de l’Ordre du Canada

1970-1971

Coupe Stanley (10)

1971

Son numéro 4 est retiré. Officier de l’Ordre du Canada

1972

Temple de la Renommée

1972

Doctorat honoris causa – Université de Moncton

1986

Membre de l’Académie des Grands Montréalais

1988

Chevalier de l’Ordre national du Québec

1992

Panthéon des sports

1993

Personnalité de l’année (La Presse)

1998

Compagnon de l’Ordre du Canada

1999

Doctorat honoris causa – Université d’Ottawa

2001

Doctorat honoris causa – Université St-Mary’s

2006

Officier de l’Ordre national du Québec

2006

Doctorat honoris causa – Université McGill

2008

Doctorat honoris causa – Université Laval

2008

Montreal Jewish Hall of Fame; premier non-juif à mériter cet honneur

2009

Doctorat honoris causa – Université Concordia

2009

Doctorat honoris causa – Université Ryerson

2010

Grand officier de l’Ordre national du Québec

Statistiques

Saisons régulières

Statistiques

Séries éliminatoires

LETTRE DE NOËL

D’UN PÈRE À SON FILS

C’était en 1966 ou 67, je ne pourrais pas le jurer. Mon père m’avait offert mon tout premier bâton de hockey flambant neuf, un CCM Custom Pro à lame droite, traité au « Resilobound », identique à celui de mon idole, Jean Béliveau. Pour la photo traditionnelle, j'ai adopté la même pose que celle de Béliveau sur la carte de hockey qui me servait de signet pour mes Bob Morane.

J'ai grandi de plusieurs centimètres l'année qui a suivie. Je me suis donc résigné à abandonner mon bâton. Mon grand frère Robert m'a refilé son vieux Northland, un bâton correct mais qui n'avait rien de comparable au CCM que j'ai accroché au mur de ma chambre en me racontant que c'est Jean Béliveau lui-même qui me l'avait offert après une victoire sur les Maple Leafs.

Je n’ai jamais été capable de m'en défaire. Au cours des trente-cinq dernières années, je l'ai trimbalé à droite et à gauche, de déménagement en déménagement, de grenier en grenier. À chaque fois que je le tenais dans mes mains, je revivais le Noël de mes huit ans et les joutes qui ont suivies sur la patinoire du parc St-Henri. Et je me disais qu'un jour c'est à mon propre fils que j'offrirais ce vieux CCM.

Lorsque j'ai appris que jamais que tu ne pourrais marcher, ni manger seul, ni prononcer à peine plus qu'une dizaine de mots, mon monde a basculé, je ne te raconterai pas d'histoires. Depuis, j'ai passé combien de nuits blanches à m'inquiéter et à redouter ce que l'avenir te réserverait, toutes les batailles terribles qui tu aurais à mener à cause de ton handicap, toutes ces portes qui se refermeraient sur ton désir de te tailler une place au soleil. C'est certain que je suis fatigué. Mais tu es mon fils adoré, mon cadeau du Ciel. Je suis tellement fier de toi.

Je t'offre mon vieux CCM. Je sais que tu ne pourras jamais t'en servir mais c'est seulement à toi que je veux offrir cette partie de moi-même, de mes rêves d'enfant, de Jean Béliveau et du Noël de mes huit ans.

Joyeux Noël, mon petit homme, mon chéri.

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